Prière

Dernière mise à jour : sept. 19

La neige crissait sous mes pas

L’air froid piquait mon visage

Le ciel était rose à l’horizon… rose poupon… rose espoir…

Et ces mots de prière, étranges, ces doux maux d’essensuel, ont enveloppé mon esprit dans leur manteau de fourrure secrète et épaisse tandis que je cheminais…


Puisse Dieu me donner l’amour des petites choses… l’amour de chaque chose… l’amour des grandes choses… Puisse-t-il me donner l’amour des petites choses qui font les grandes choses… l’amour de Sainte-Thérèse que je comprends mieux chaque jour difficile, chaque instant palier, chaque faux pas à palier…


Puisse Dieu me donner l’amour de ch


aque livre, de chaque chapitre, chaque paragraphe, phrase, ligne, mot, lettre que ma plume esquissera, dessinera, coloriera…


Puisse Dieu affûter ma plume jusqu’à l


a planter en douceur dans ton cœur, dans ton âme, l’abreuver à l’encre rouge et noir de ton sang et de ta peau, à l’encre invisible de ton esprit.


Puisse chaque lettre dessiner un peu plus, un peu mieux, les courbures de ta pensée.


Puisse mon esprit caresser le flanc de ton âme et en faire jaillir les clés de tes rouages dans les flots de cette improbable et incompatible folie de la passion parée des bijoux du respect, de la justesse, de la justice, de la quête de précision….


Puisse le papier contrefaire et mimer le grain de ta peau. Puisse la plume prolonger la pulpe de mes doigts. Puisse Dieu poser sur la chair de mes lèvres la salive de tes mots et les ondulations de ta langue prononçant chacun d’eux dans une brume de voix insaisissable et attisante. Puisse-t-il donner à chacun la noblesse du plein et du délié, la sensualité du dire. Que chacun de tes mots ait pour ma bouche le craquant des fruits à coque, la pulpe juteuse et acidulée des agrumes, la saveur des épices les plus nobles.



Puisse chaque page être le lieu d’un festin royal et enivrant, et le temple d’ablutions purificatrices.


Puisse le cheminement de mon esprit vers le tien être le courant tranquille et ondulant d’un fleuve. Les phrases, de longues gorgées rafraîchissantes et désaltérantes, scintillantes à la lumière du soleil, de tes jeux d’esprit cristallins et prodigieux.


Puisse la plume transpercer suavement les fenêtres de tes yeux et se parer des tons chatoyants presque brûlants de ta rétine, atteindre l’infini cosmique de tes cellules, de ton eau, de tes os. Puisse-t-elle décrypter ton univers, atteindre ta constellation, frôler dans les mouvements stellaires de tes astres les pas de danse de ton adn, ventre de tes créations, toi, trop humble créature et créateur.


Puissé-je rester digne de


porter cette douce mais ô combien précieuse et chérie responsabilité.


Puissé-je espérer encore être abreuvée à la source de ton esprit, et nourrie et vivifiée par l’esprit de Dieu.