#4 12 années sur la voie de Michael Jackson

Mis à jour : il y a 5 heures

Unis dans un même sourire (4e billet)

@ Renée Paul, artiste peintre, média feutre et crayons de couleurs sur Canson Academy 250g/m2, 24 x 32 cm, 2014
@ Renée Paul, Soft

Je me promenais l’autre soir le long de la promenade des Anglais à Nice. Au milieu de quelques animations de rue, j’ai tout à coup entendu émerger, avant de voir quoi que ce soit, la voix de Michael. Guidée par l’onde sonore, je me suis retrouvée au milieu d’un public qui regardait un vieil homme, un peu pathétique, danser. Les cheveux un peu frisés au vent, la peau foncée par un autobronzant bon marché, vêtu d’un pantalon noir, d’un T Shirt blanc col en V, de mocassins noirs et de chaussettes blanches, il reproduisait tant bien que mal les pas de danse de Michael tout en apprenant à deux enfants à l’imiter. Au sol, jonchaient d’autres costumes de qualité discutable rappelant, de loin, la garde-robe scénique jacksonienne.


Certes, il y aurait eu à dire sur ses choix d’apparence ou la lenteur de ses mouvements approximatifs. Mais qu’importe la qualité du spectacle dont beaucoup auraient justement ri ou discuté. Il s'en dégageait une grande sincérité et un grand respect.


Ce qui m’a interpelée plus que tout, c’était de voir les visages souriants des gens et leurs têtes qui balançaient au rythme de la musique. Ce n’étaient pas des sourires moqueurs ou cyniques, non : un réel plaisir se lisait, un partage même. Et puis quel plaisir, pour moi, d’entendre la musique et la voix de Michael inonder la promenade des Anglais, non loin de là où j’avais été au plus proche de lui et où sa présence m’avait hantée tous les étés suivants. C’était comme un clin d’œil.


Je n’ai pu m’empêcher de penser qu’à travers les pas maladroits de ce vieil homme, Michael fédérait toujours. Il était dans cette présence amateure, dans sa tentative de transmission au public, dans ces enfants qui l’imitaient, dans ces ondes qui flottaient dans l’air marin. Il continuait, par-delà toute tentative de polémique et de destruction, à réunir, à faire sourire, à donner du plaisir.


Le lendemain soir, le vieil homme était toujours là. La musique de Michael tournait déjà, mais lui n’avait pas encore commencé à danser. Il venait de terminer un numéro de danse plus « classique » et était en train de se préparer et de se changer. Mais Michael chantait. Version live up-tempo de « Wanna be startin’ somethin’ ». Et les gens, bien qu’il n’y ait rien à voir, s’arrêtaient au fur et à mesure, rien qu’au son de la musique. Et tous attendaient, sourire aux lèvres.


Je me demandais quelle expérience individuelle, intime, quels souvenirs étaient en train de revivre ces gens pour que leurs visages s’allument ainsi dans un sourire collectif. Quoi qu’il en soit, le résultat était là. L’essence même de Michael, sans nul doute aussi.

Tous ces gens, d’origines différentes, d’âges différents, parfois très jeunes, parfois huppés, avaient en commun une ou plusieurs tranches de vie dont la bande sonore était la voix et la musique de Michael. Peut-être même s’agissait-il de bien plus que cela... Mais ce qu’il en ressortait était du plaisir et de la joie. 12 ans après. Malgré les turbulences, les tunnels, les tempêtes. Michael était toujours là, dans les plus grandes comme dans les plus simples et modestes choses de la vie.


Et c’est sans doute tout ce qu’il fallait voir et comprendre…



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