Michael Jackson, croire en ses rêves

Dernière mise à jour : sept. 1

Michael Jackson, 12 ans au fil de ta voix #7


"Vous pouvez toujours rêver et vos rêves peuvent devenir réalité. Mais vous DEVEZ les réaliser"

Michael Jackson


@ Huguette Brenner, Thriller, 2013, coll. personnelle
@ Huguette Brenner, Thriller

Avez-vous déjà rêvé de Michael Jackson ? Qui que vous soyez, je suis sûre que oui... D'aucuns penseront immédiatement en souriant du coin des lèvres, avec un brin de moquerie ou, à l'inverse, de coquinerie, que lorsqu'on parle de rêve, il est question de romantisme. Pas forcément. Et même, sans doute, pas dans la plupart des cas.


La première fois que j'ai rêvé de Michael, c'était durant l'été 2009. J'étais en train de lire, ou j'avais fini depuis peu "Le complot" d'Aphrodite Jones, je n'en suis plus très sûre. J'avais dégusté ce livre page après page. Outre les éclairages fondamentaux qu'il apportait sur le procès et son traitement médiatique catastrophique, il m'avait donné, à travers ses descriptions, l'impression d'être tout près de lui, chaque jour. Aussi, arrivée à la dernière page, je me souviens n'avoir pas pu refermer le livre tout de suite... être restée assise là, le serrant sur mes genoux, profondément bouleversée et effrayée de devoir le quitter. Rares sont les livres sur Michael qui m'ont donné cette sensation de le voir évoluer comme si j'étais à ses côtés, comme si j'étais un témoin direct. Pour faire une parenthèse, un livre comme celui de Taraborrelli m'a exactement fait l'effet inverse : la restitution par l'auteur de conversations censées s'être déroulées à huis clos, ou la description ultra précise de scènes auxquelles il n'a jamais assisté, ni de près, ni de loin, entre autres nombreux exemples, m'a toujours semblé plus que douteux... Et nombre de livres en sont gorgés...


Toujours est-il que dans mon premier rêve, Michael était, à son procès. Vêtu de blanc, il se tenait entre deux gardes tandis que les accusations pleuvaient et que le public du tribunal vociférait. J'assistais impuissante à la scène et je le regardais, lui, frêle, soutenu de part et d'autre, immobile et silencieux, comme résigné. Tout à coup, un verdict est tombé : "Mettez-le à mort !" (Il y aurait, là aussi, des commentaires à faire...) J'étais paralysée de terreur. A ce moment précis, je l'ai vu et je le vois encore dans mon esprit, se tourner vers moi avec un regard qui disait : "Dis-leur, toi... dis-leur..." Je me suis demandé pourquoi, dans cette grande foule, c'était vers moi qu'il s'était tourné fixement et précisément. Son regard était anéantissant de douleur, d'impuissance, de suppliques... Ses yeux parlaient véritablement. Peu de temps après, j'ai vu son cercueil passer et je me suis dit que c'était vraiment fini. Je me suis réveillée toute retournée. Je le suis encore quand j'y pense...


Pourtant, à ce moment-là (juillet 2009), j'étais loin de savoir que j'allais faire quelque chose qui le concernait. C'est fou quand on y pense et je ne saurai jamais à quel point ce rêve a joué ou non un rôle sur mes choix inconscients ou ce besoin de faire quelque chose. Etait-ce un écho d'une volonté profonde et encore enfouie ? Une impulsion qui m'a ensuite influencée dans mes choix ? Ou un concours de circonstance, une superposition entre ce que l'on appelle la volonté de l'univers et ma propre destinée, le karma, en quelque sorte ? Allez savoir...


J'ai ensuite très souvent rêvé de lui durant ces 12 années. Des poignées de main dans la foule, que l'on sent encore au réveil, des regards qui vous fixent et vous scrutent de l'intérieur, comme s'il lisait en moi, des rendez-vous auxquels il venait, ou pas, pour parler musique... Mais les scénarios les plus récurrents sont ceux dans lesquels il me prenait sous son bras pour me porter, que je sois, selon les cas, enfant ou adulte, et me faisait traverser un marécage ou me portait sur l'autre rive d'un fleuve rempli de crocodiles. C'est drôle... Et cette figure de sauveur, de bienfaiteur, beaucoup des personnes que j'ai rencontrées et qui m'ont spontanément parlé de leur lien avec Michael, me l'ont rapportée aussi...


Je me souviens d'une dame qui faisait des peintures. Elle avait la vie difficile. Une amie, qui avait vu chez elle un rare portrait de Michael Jackson (voir illustration), m'avait demandé d'aller la visiter. Elle s'était confiée à moi et m'avait raconté qu'elle n'avais jamais peint Michael avant sa mort, mais que depuis, il la taraudait. Elle avait rêvé une nuit qu'elle se trouvait à bord d'un avion, en panique, soit que l'avion était fou soit qu'elle était terrifiée par l'avion, et que tout à coup, tout s'était apaisé. Dans son rêve, elle s'était levée pour aller voir dans la cabine du pilote et, à ce moment-là, elle avait vu que c'était Michael qui avait pris les commandes... Métaphore d'une vie en quête de guide ? Figure de confiance inspirant le lâcher-prise ? Je crois que Michael croyait lui-même tellement en la force du rêve qu'il ne peut qu'habiter les nôtres et nous y réconforter, nous y donner de la force. Il vient sans doute y rencontrer la part de nous-mêmes qui est capable de s'apaiser, d'aller plus loin, de se dépasser, de réussir.


Tout cela relève d'une alchimie que nous sommes bien pauvres à expliquer, nous, hommes de sciences du XXIe siècle. Et pourtant... Grâce aux rêves, je sais que Michael a sauvé des vies, qu'il a soutenu des quotidiens difficiles, qu'il a ouvert des fenêtres sur des possibles, sur une présence, même, au-delà de la réalité sensible. Je sais que Michael a rêvé, qu'il a fait des voeux (petit, en sautant dans la piscine, vous vous souvenez?), qu'il a écrit ses rêves, sur des post-it, des bouts de papiers. Il a rêvé comme on devrait prier. Avec le sentiment d'être déjà exaucé, d'avoir déjà atteint son but. Aussi, je pense qu'avoir Michael Jackson dans un de ses rêves n'est pas anodin. C'est un signe. Une piste à creuser. L'envoi d'un message. Tout sauf une frivolité dont il faut rire ou se moquer...