Michael Jackson "Xscape"

Dernière mise à jour : août 22

Michael Jackson, La vérité au sujet de ces éditions posthumes ?


@ Mr Brainwash, Xscape, digital art work

Quelle(s) vérité(s) ?

Parce qu’il me semble, d’emblée, que c’est au pluriel qu’il faudrait conjuguer la chose…Ses « vérités » à lui ? Qui relèvent de « réalités » davantage que de toute autre chose…

S’il fallait annoncer une Réalité générale, incontestable, celle-ci consisterait à dire que ces démos, quelles qu’elles soient, il a choisi de ne pas

les éditer. C’est un fait. Indiscutable. Une vérité historique comme on appelle cela.

Cette Réalité pourrait être ensuite déclinée en deux réalités…

1) Celle de Michael Jackson l’artiste, le créatif… Celui qui, éternel insatisfait, bourreau de perfectionnisme à l’oreille exigeante, a choisi de ne pas éditer parce qu’il y avait (souvent beaucoup) d’autres premiers choix, plus satisfaisants et efficaces

2) Celle de Michael Jackson l’homme d’affaires, qui a laissé pour sa postérité des opportunités financières d’édition dans des coffres, pour lui permettre de s’assurer une certaine survie pécuniaire.

Une autre (sous-)réalité, plus subtile, se situerait dans la définition du travail de studio, travail d’équipe, de partage, d’émulation de talents et de compétences (quand les conditions intellectuelles et financières le permettent - ce qui est loin d’être une vérité générale - mais ça l’était, personne n’en doute, dans son cas). Cette réalité consisterait à admettre qu’il a toujours ouvert sa porte aux nouveaux talents, laissé fleurir ses créations dans les terreaux fertiles de ceux (producteurs, arrangeurs, musiciens) qu’ils s’adjoignaient et dont il avait l’art de pressentir et d’extraire les nectars créatifs les plus nécessaires au peaufinement de son travail et de ses idées.

Alors je crois qu’il y a ces faits, d’un côté.

Et je crois que le reste n’est que partage, important, nécessaire certes, de points de vue, d’opinions et de goûts personnels.

Ce que Michael Jackson aurait fait de ces démos (il n’en a rien fait, rappelons-le) ne sera jamais ce que nous entendons, aussi cohérent, agréable ou, à l’inverse, irritant et rebutant soit le résultat proposé.

Parce que règne une autre réalité, et, j’ai envie de dire, il ne règne aujourd’hui plus que celle-là, c’est celle de la « nécessité » et de la « réalité » commerciale ¬- sans remettre en cause le respect ou la « fidélité » qu’ont pu chercher à mettre en œuvre certains producteurs.

Business is business. Tout le monde a envie de goûter encore à sa voix, et pour longtemps… Les conditions d’édition sont aujourd’hui plus que jamais à sa subtilité créative ce que la mode est à la beauté d’un corps d’esthète : accessoire… de bon goût ou de mauvais… une mise en valeur ou une banalité parfois même, au pire, affligeante…

J’ai entendu ce matin malencontreusement dans ma voiture (malencontreusement parce que j’attends toujours d’avoir le bon support et les bons outils pour écouter la musique de manière optimale) "Love Never Felt So Good"…

J’ai le tort d’avoir l’oreille accrochée à la démo.

Mais les arrangements sont sympathiques, les contrechants de cordes bien ciselés, avec un contrepoint qui donne un change mélodico-rythmique agréable et tonique à sa voix. La batterie n’est pas écrasante. C’est de la bonne musique disco…

Mon opinion personnelle (ce n’est que cela) consiste à n’avoir que quelques regrets (quelques parce que finalement ça n'est pas tant qu'en d'autres occasions. ..) :

_ sa voix est étouffée dans l’architecture sonore, écrasée, rompant l’intimité subtile que les dosages d’antan savaient lui garder. Parce qu’il ne suffit pas de conserver ses backgrounds vocaux et ses percussions, bruitismes et impacts corporels dans le champ sonore pour créer une proximité subtile avec l’auditeur… Et là, tout y est, mais mis en masse et donc on y perd en précision, en finesse. On sent clairement que la musique est un ajout. Le jeu d’imbrication vocale qu’il savait si bien créer et mener avec les instruments, évidemment, n’y est pas…

_ évidemment encore, avec une esthétique disco comme celle-là, je pense tout de suite à Off the Wall… anachronisme… ça m’a fait sourire… mais c’est pas grave… la musique est bien, dans l’ensemble…

_ et évidemment toujours, en pensant Off the Wall, je m’attends à un « son » Off the Wall….Suivez mon regard ..ou plutôt mon oreille… Et là… L’architecture d’orfèvre minutieusement sculptée ressemble à un coffret de pierres semi-précieuses qui n’auraient pas fini d’être taillées.

_ quant au bridge de cordes qui s’étale et module un peu tristement dans la dernière partie (je vais éviter les termes trop techniques pour ne pas ennuyer), il m’a fait penser à ce que m’a dit un jour Bill Bottrell : «